Rugby de clochers, Rugby cassoulet, Rugby amitié !

By Jean

Cet article nous a été adressé par un lecteur.

Oui, il y a la coupe du monde, oui, il y a le quinze de France, oui il y a le top 14, oui il y a
les Dupont et autres Ntamack et ça nous fait vibrer.

Mais il y a aussi le rugby de nos villages, le rugby des maçons, des électriciens, des
charcutiers
…(la liste n’est pas exhaustive), le rugby des gens qui se lèvent le lundi matin avec des
courbatures
, des yeux pochés, des gueule de bois, mais des gens qui vont travailler quoi qu’il en
coûte, pour reprendre une formule connue.

Ils vont jouer pour l’amour du jeu, parce qu’il jouent depuis qu’il sont minimes. Ils vont jouer
surtout pour les copains. Vous le savez bien ,vous, qui avez la passion, vous qui avec vos 100 kg
vous « poutounez » comme des gonzesses car vous vous aimez d’amitié, virile et rugbystique !

Manu

L’histoire que je vais vous raconter c’est celle de Manu, un joueur comme il y en a des
centaines, un joueur qui a eu ses petites heures de gloire, ses déconvenues, ses blessures mais qui
doit tout au Rugby.

Les mamans qui tremblent pour leur « bébé » les jours de match savent bien que
cela fait des hommes. La maman de Manu, elle tournait le dos au jeu et corrigeait ses copies,
impossible pour elle de regarder mais elle était souvent là.

manu sor agout

Crédit photo : Adeline Faral

Manu, on l’avait ramené dans nos bagages lors d’un voyage au Chili. Il aurait dû être petit,
râblé et jouer au foot. Que nenni ! Un mètre quatre vingt treize et cent bombes au poids de forme et
cent trente en fin de carrière ! Son grand père maternel, barcelonais et fan du Barça dut se faire une
raison : il n’était pas fait pour le foot. Il entra au RCR en minimes et y joua jusqu’en cadets….et
appris à perdre (c’est tres important d’apprendre à perdre). Ce n’est qu’en portant les couleurs de
SOR Agout qu’il gagna et se forgea de solides amitiés, amitiés indéfectibles aujourd’hui encore à
trente sept ans.

Manu avait un gabarit de numéro 8 et était en dépit de sa taille, véloce. Aussi fût il
sélectionné dans le team du Tarn en junior et cela lui valut plus tard de faire partie de l’équipe
championne de France sous le maillot du comité de l’Occitanie, en sénior cette fois.
Il était dur au mal.

Je me souviens que jouant avec les Espoir du C.O. , au coup de sifflet final il ne s’était pas relevé de l’ultime amas de joueur. Je me précipitais avec l’entraineur : la main sur le visage il dit : « cet enc…..m’a mis deux phalanges dans l’œil ! » et l’entraineur de lui dire « dans ces cas là tu lui pètes le doigt ! » et mon Manu de répondre « je pouvais pas j’avais les mains sur le ballon ». Probablement cet enc… … et lui ont dû boire une bière ensemble.

Je l’ai suivi sur tous les terrains et ai visité les urgences de bien des hôpitaux c’est le plaisir
et le devoir des pères.

Les copains, avant et par dessus tout !

Il avait des amis, de très bons amis au Sor-Agout. L’équipe de ceux que j’appellerai « les
vieux juniors » lui firent signe pour monter une équipe de troisième série qui avec les vielles gloires
du Sor-Agout et le renfort des ancien du C.O. (Caballero, Wihongi) fit flores. Il furent vainqueurs
du début a la fin de la saison
, pas une défaite, aussi à la suite d’une plainte administrative il furent
interdits de phases finales.

C’était mal connaître les vieux juniors qui n’aimaient pas perdre et encore moins sur le tapis vert ! Un autre label fut monté et ils furent Champions de France de Troisième Série. Beau pied de nez aux pisse froid !! Même ceux qui avaient connu le titre en Top 14 n’en étaient pas moins fiers de leur succès.

Parce que c’était le TITRE de l’AMITIE et que reste- t- il après les crampons… ?

Je vais vous dire : je suis fier de ce que le rugby à fait de mon fils, de mon petit chilien de
l’autre bout du monde
!!

jean

Jean est un fervent admirateur du ballon ovale. Imprégné de l’esprit du rugby, il écrit avec passion et précision pour notre site, Quinze Ovalie.

Plongez dans la mêlée avec lui, découvrez toutes les actu mercato et effectif, et décortiquez chaque match. A l’affût de la moindre nouvelle, Jean est un des fers de lance de notre rédaction. On l’adore.